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17/- Décembre 57-        Je suis désigné pour un tour d'opérations en Algérie, à la 4/72, l'escadrille que parraine mon escadron de Reims. Passage à Aulnat pour un petit stage d'une semaine de réadaptation  sur le T-6, l'increvable.   26 déc. :  arrivée à Marrakech (Maroc) où se trouve le P.C. de l'escadrille qui, elle, est à Tindouf, en Algérie, à 460km en plein sud et plein désert(la plage est grande mais la mer est loin...) .                         

Février 58-       Le Maroc, ayant appris que les forçes militaires françaises, en collaboration avec les Espagnols, avaient effectué des opérations dans le Rio De Oro alors revendiqué par le Maroc, nous intima l'ordre de quitter immédiatement  Marrakech.   Je me retrouve donc installé à Tindouf, où nous logeons d'une manière spartiate, mais la vie du désert est fascinante. Un matin, après 2 jours de pluie(oui..çà arrive !) je décolle pour un vol de contrôle-moteur, durée prévue 1h. Sitôt décollé, je sens une très forte odeur de fleurs. En évoluant à g., à dr., je trouve la zône d'où provient cette odeur. J'aperçois, en plein désert, une surface d'environ 3 terrains de foot complêtement recouverte de fleurs jaunes. La pluie avait fait son petit miracle ! Nos interventions aériennes sont au profit des troupes terrestres. Nous n'avons pas de cartes très précises de ces zônes désertiques ; il m'arrive parfois d'avoir en observateur (place arrière) un indigène du coin, habilité par l'autorité militaire pour voler.  Avec , quelquefois, des méthodes de recherches peu orthodoxes mais efficaces : pour retrouver un convoi de véhicules, à 50km, en plein désert, on demande par radio, sitôt décollé, qu'un véhicule tourne en rond, sur place, pour faire de la poussière ; c'est visible de très loin... Le ravitaillement en nourriture est effectué par un avion de l'Aéronavale venant d'Agadir (Maroc) et une fois par semaine nous avons droits à de la langouste fraiche ! Parfois, certains chasseurs(à la carabine) nous ramènent quelques gazelles .                                                                                              

11 mars 58-      L'escadrille quitte Tindouf , avec regret, pour s'installer à Méchéria, au nord d'Aïn-Sefra. C'est toujours le désert mais l'installation un peu moins spartiate. Altitude 1100m , il fait froid le matin. Nos missions consistent en surveillance de la frontière algéro- marocaine , à l'ouest de notre zône et protection des convois.          

Septembre 58- L'escadrille change encore de coin et s'installe à Thiersville, au sud de Mascara. On retrouve de la verdure.               

Octobre 58-     Visite du Gal De Gaulle.  Un détachement de l'escadrille se crée à Tiaret à 100km à l'est de Thiersville; j'en fais partie. Aucune possibillité d'hébergement sur la base et je loge en ville chez l'habitant, avec un autre pilote. La base est à 7km. Et depuis Tiaret, je fais quelques missions d'une journée à Aflou, à 168km au sud , et à 1400m d'altitude. La piste du terrain est plaçée paralèllement à une arête rocheuse qui provoque des courants rabattants au décollage ou à l'atterrissage. Pas sympa. du tout ! Dans ce vieux village , d'un autre temps, il y a un petit bistrot, à proximité de la piste, avec un billard. Un jour, je suis allé boire une bière et il y avait un arabe qui jouait, seul. Il m'a demandé si je voulais faire une partie avec lui.  Ce fut un spectacle surprenant : l'indigène, une autorité locale, en djellaba richement brodée, et son long poignard finement ciselé, à la ceinture ; et moi, en combinaison de vol avec le MAC-50 (pistolet) sur la hanche ! A filmer !                                                                                                                                                                                                                                       

      - A mon retour d'Algérie , en novembre 58 , je suis muté à la 1ère escadre de chasse ( 2/1 "Morvan " ) à Saint-Dizier .  Je retrouve le F84F et le régime "guerre froide" avec des exercices d'alertes , la P.O. (permanence opérationnelle) et quelques décollages la nuit, en alerte 5' ; on couche ( en combinaison de vol ) dans une chambre à côté du hangar, un klaxon puissant nous réveille... et 5' plus tard on doit décoller...    

     -Nous effectuons parfois des missions à très basse altitude (100-150m) jusqu'au rideau de fer (limite du bloc des pays de l'Est) au-delà duquel se trouve un objectif dûment attribué à la patrouille et qui serait la zône à attaquer à attaquer en cas de conflit. Il nous arrive de dépasser volontairement les barbelés et les miradors pendant quelques secondes... adrénaline assurée...!

     - Juillet 1959 -

     Je suis à nouveau prévu pour un séjour en renfort de 3 mois en Algérie . Je rejoins l'escadrille 14/72 à Thiersville . Même genre de missions qu'au premier séjour et ce, jusqu'en novembre 59 . - A mon retour, sur ma demande, je suis affecté comme instructeur-pilote, à Salon-de-Provence, sur CM.170 "Fouga-Magister". Nous formons les officiers élèves-pilotes et le Fouga est un très bon avion-école. Le cycle complet comprend le laché-fouga( à la 20ème heure de vol), la voltige, le vol en formation , aux instruments ,le vol de nuit, la navigation jour et nuit. Durant les 3 ans 1/2 de présence sur cette base, je passe 3 grades : de s/c je suis nommé adjt , adjt-chef , puis s/t .

      Le fait de passer officier me vaut une mutation qui m'expédie...à Boufarik en Algérie , en avril 1963. Nous sommes 1 an après l'indépendance algérienne mais la France a conservé cette base provisoirement. Ma famille est restée à Salon-de-Provence , encore une nouvelle séparation ! Mais une occasion se présente pour se revoir durant certains W/E. En effet , tous les vendredis soirs, un Noratlas pars de Boufarik pour se poser à...Istres , se charge en ravitaillement alimentaire et retourne à Boufarik le lundi matin.

     Istres étant à 17kms de Salon, la tentation est grande et j'arrive à être accepté comme passager sur ce trajet ( 5 traversées en 6 mois ) le retour s'effectuant assis sur des cageots de choux, de pommes ou d'autres choses.

     Je suis affecté au 2/20 "Ouarsenis " sur AD4 "Skyraider ", un puissant monomoteur de 2700cv (52 litres de cylindrée...) et une hélice de 4m de diamètre. Nous faisons les missions classiques d'entrainement de la chasse et notamment le tir air-sol . Les cibles sont situées en bordure de mer et dans une zône interdite d'accès .

     Cependant , l'officier au sol , responsable de la sécurité est parfois obligé de faire cesser les tirs . La cause : des gamins algériens pénètrent dans la zône interdite pour récupérer les douilles d'obus, qui tombent sur le terrain et sont utilisées, une fois fondues, pour fabriquer leurs objets en laiton comme les plateaux...

 

  OCTOBRE 1963 - L'escadron 2/20 est dissous et les 23 et 24 octobre 63 nous ramenons nos 12 "Sky" par Oran-Toulouse-Tours en 5h35' de vol. Et ce sera une nouvelle affectation qui m'envoie à Colmar au CEVSV 338 (centre d'entrainement au vol sans visibilité ) sur avions "T-33" (réacteur biplace).

   

 

  Mais je ne reste dans cette unité que 5 mois, car ce travail ne me plaisant pas , je fais une demande de mutation et je suis envoyé à la station-radar de Contréxéville pour piloter le Broussard de la base et aussi  travailler comme contrôleur d'inter-ception. Celà consiste , sur un écran-radar, à diriger 2 patrouilles de chasse , l'une servant d'objectif pour l'autre, le tout dirigé par le contrôleur d'interception. Je reste à Contrex d'août 64 à octobre 68 .

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B
Bjr<br /> Avez vous connu un pilote de skyraider du nom de Jean-Claude Villaumé (mon père) à Boufarik?<br /> Cordialement!<br /> Benoit
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B
Bjr,<br /> Avez vous connu un pilote de Skyraider du nom de Jean Claude Villaumé (mon père) à Boufarik?<br /> Benoit
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